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Info sociale : Les nouvelles règles du chômage

6 avril 2017

Après quasiment un an de discussions et de rebondissements, le patronat a convaincu la quasi-totalité des syndicats de la nécessité d’administrer un traitement de choc, aux chômeurs. Bien naturellement, sans prendre en considération un élément clé du problème, l'humain !


Cela devient dantesque, le monde tourne de plus en plus autour des lobbys et autres influences des plus forts pour les plus “bancable” ! La preuve en est avec les nouvelles règles d'indemnisation de l'assurance chômage… Pour renflouer les caisses de cette dernière, l’accord trouvé mardi 28 mars doit, selon les chiffres, permettre de réaliser 891 M€ d’économies…OK, mais à quel prix pour les demandeurs d'emploi ?


Dans les faits, voici comment va se découper ce nouveau dispositif qui favorise certains et défait, tant d'autres :


Les jeunes : Pour bénéficier de l’assurance chômage, il fallait avoir travaillé au moins 610 heures ou 122 jours calendaires sur les 28 derniers mois. Dès septembre 2017, ce critère sera ramené à 88 jours, ce qui avantage notamment les jeunes. Avec ces nouvelles règles, 34 000 personnes supplémentaires pourront rentrer dans les rangs de l’assurance chômage.


Les cadres : Lors d’un licenciement, la règle prévoit des indemnités destinées à compenser les pertes de salaire. Si ces indemnités sont supérieures au minimum légal, le versement de l’allocation chômage est différé, un délai d’attente qui peut aller jusqu’à 180 jours. Ce plafond sera ramené de 180 à 150 jours.

Ça nous fait déjà deux catégories de demandeurs d'emploi, qui sont plus protégés qu'avant. Mais ces deux catégories, sont moins fragiles que les deux autres à venir… En effet, que ce soient les cadres ou les jeunes, les deux groupes ont:  soit un diplôme tout frais, tout beau et un âge plein d'espoir, ou bien un âge médian, un revenu de chômage plutôt confortable et un parachute de sortie sympathique. Autant, dire, que les perspectives ne sont pas les mêmes !

Mais quid des autres catégories ? Il semble que ce soit nettement moins drôle !

Concernant les salariés aux contrats dits précaires : Si avant, le montant de l’allocation chômage versée à chaque demandeur d’emploi consistait à diviser le salaire de référence par le nombre de jours travaillés en prenant en compte tous les jours du contrat, y compris les week-end et jours de repos. En septembre 2017, c'est ciao bye et seuls les jours effectivement travaillés seront calculés. Selon l’Unédic, 14 % des allocataires vont y perdre entre 50 et 100 €, et certains jusqu’à 200 €, sur le montant de leur indemnisation. Une fortune pour les allocataires ARE à 1.000 euros ou moins par mois.


Mais ceux qui vont vraiment souffrir sont indéniablement les seniors : actuellement, la filière « senior » prévoit qu'entre 50 et 59 ans, les allocations sont versées pendant 3 ans. A partir du 1er septembre, les nouveaux chômeurs âgés de 50 à 52 ans (à la date de fin de contrat) n’auront plus droit qu’à 2 ans d’indemnisation ! Les personnes entre 53 et 54 ans (à la date de fin de leur contrat de travail) seront indemnisés jusqu’à 30 mois. Sous condition, qu'elles suivent une formation pendant la durée de leur indemnisation. Si tel est le cas, elles gagneront 6 mois d’indemnisation supplémentaires. Seuls les plus de 55 ans conserveront le droit à 3 ans d’indemnisation. Economie attendue : 450 M€ sur le dos de centaines de milliers de personnes.

Car si les derniers chiffres du chômage vont légèrement mieux, cette petite amélioration s’observe surtout chez les jeunes de 18 à 25 ans, qui voient leur taux de chômage régresser de 8,8% sur un an. En revanche, cette baisse du chômage ne se répercute pas chez les seniors. L’indicateur a grimpé de près de 2% sur un an, chez les plus de 50 ans. Aussi, le chiffre pour cette tranche, pour février 2017 en France métropolitaine est de 1.352.900 demandeurs d'emplois. Quand le même mois, en 2007, il y à donc seulement 10 ans, leurs nombres étaient de 524.100 !

Le delta dans ces chiffres hallucinants est explicable… Malgré les précédentes réformes, les entreprises n'ont pas fourni d'efforts suffisants pour garder en activité leurs salariés de plus de 55 ans. Ceux-ci sont encore nombreux à être poussés vers la sortie, même si certains cadres arrivent à rebondir. En moyenne, seul un salarié sur deux est passé directement de son emploi à la retraite. Cela signifie que les autres (45%) connaissent le chômage ou des dispositifs intermédiaires de sortie de l'emploi. « Après 55 ans, le marché du travail est caractérisé par d'importantes sorties d'emploi », reconnaît l'Institut Montaigne, dans son enquête sur l'emploi des seniors.

Et même si certaines entreprises tentent quand même de jouer le jeu et de ne plus licencier aussi massivement les seniors, ils ne les recrutent pas pour autant. Une équation presque insoluble.

Aussi, cette nouvelle législation qui est présentée comme un « texte de compromis », favorise ceux qui ont le plus de chance de reprendre une activité, et ceux qui de par leur âge, se retrouvent plus exposés au chômage de longue durée, ceux-là peuvent s’avouer, tout bonnement, les dindons de la farce !

Tous ces chiffres sont à mettre en parallèle avec les « effets loi travail ». Puisque finalement, tout ceci aurait une importance toute relative, si le marché du travail repartait à la hausse, comme le prévoyait Myriam El Khomri, Ministre du Travail, grâce à sa refonte du code du travail. Mais  surprise, comme prévu, les effets dits bénéfiques, ne sont pas au rendez-vous. En effet, Selon l’Unédic, sur l’ensemble de l’année 2017, les créations d’emplois privés seraient moins nombreuses : 135 000 emplois, contre 218 000 en 2016. Ainsi, l'Unedic estime que le nombre de chômeurs repartira à la hausse en 2017, avec au minimum 47 000 chômeurs de plus. En 2018, l’organisme prévoit que le nombre de chômeurs continuerait d’augmenter, avec au bas mot, 38 000 demandeurs d’emploi sans activité supplémentaires…